Revolution Girl Style Now!
Welcome! Ceci est un blog consacré à la culture rock au féminin. Je vous propose, chaque semaine, de partir à la découverte de nouveaux groupes, à travers des chroniques de disques et des live reports. Féministe et rock'n'roll, ce blog parle à coeur ouvert de filles qui font du rock, et qui le font bien. Et comme ce n'est pas tous les jours facile d'être une "rebel girl", je vous raconterais aussi un peu ma vie au sein de mon groupe Candy Flesh. Soyez au rendez vous!
N'hésitez pas à m'écrire, pour toutes suggestions ou commentaires.
Et les filles, envoyez moi vos disques! rebelgirldiary@gmail.com

mercredi 17 mars 2010

Les geeks, le girl power et moi...


Il y a quelque temps, j'ai suivi les conseils de mon guitariste de mari en postant des topics sur des forums consacrés à la musique dite "indé" afin de promouvoir mon blog. Jusqu'ici tout va bien. Cela semblait être plutôt une bonne idée. Histoire d'accrocher le regard, j''entête mon topic "Les filles dans le rock" (sur X Silence, pour ne pas citer le site en question...), ou "Girl Power et rock'n'roll" sur d'autres (Audiofanzine, Guitariste.com et tout le tralala). Bref rien de bien méchant, j'explique en trois lignes qui je suis et ce dont parle mon blog. Les filles dans le rock donc. Oula!!!!! Malheureuse! Que n'avais- je donc pas fait?!!!

Premier constat: les gens qui trainent sur ce genre de forum sont MAJORITAIREMENT des mecs, voire des geeks, donc pas forcément l'esprit ouvert à la cause girl power. J'ai donc eu droit à tous les clichés. De "ah les filles, elles savent pas jouer", à " Derrière chaque petite femme, il y a un grand homme" (si si c'est vrai je vous assure, allez voir) ou pire "Alors les femmes ne servent pas qu'à faire la vaisselle ? Un mur est tombé." (ok le gars voulait faire de l'humour, mais bon c'est pas drôle...) les commentaires sur ce forum ont complètement dérivé et les mecs en sont même arrivé à parler de l'épilation intégrale (non mais vous nous prenez vraiment pour des idiotes ou quoi?) et de la chatte de Debbie Harry (elle a quand même d'autres atouts...)

Voilà, je veux bien avoir de l'humour et tout et tout mais cela soulève quand même un point important. C'est tout de même bien difficile, quand on est une fille, de parler ou de faire du rock, et d'être réellement prise au sérieux. En témoigne ma petite expérience. Quand j'ai débuté et que je cherchais un groupe, j'avais fait la triste constatation que nombreux étaient les musiciens qui recherchaient une fille dans leur groupe, mais hélas, pas pour les bonnes raisons. Certes, la fille est un beau faire valoir extérieur, mais cela a pris beaucoup de temps avant que je trouve des personnes qui respectaient vraiment ma créativité et mon statut de musicienne (parce que souvent, la chanteuse n'est pas vraiment considérée comme telle, comme si le chant, c'était inné, et la voix, absolument pas un instrument...).

Bref, tout ça pour dire, y en a marre, et il serait temps que les choses changent un peu. Car oui, nous aussi on a le droit de gueuler, de vomir, de se faire violence et de vous malmener sur une scène. Non, les filles ce n'est pas fait que pour être jolie, bien propre et bien sage. N'en déplaise à la plupart des magazines féminins, nous ne sommes pas toutes des poupées superficielles et décérébrées. Nous n'avons pas toute envie de ressembler à Paris Hilton ou Kate Moss. Nous ne sommes pas toutes vénales, vulgaires et branchées. Y en a marre de ces modèles archaïques et machiste. On a le droit d'être libre, cultivée, moche ou belle, poilue, revêche ou rebelle, séductrice ou pas, looseuse, bref, on fait ce qu'on veut et personne n'a le droit de nous imposer quoi que ce soit. Si ça vous dit, y a le bouquin de Virginie Despentes "King Kong Theorie", qui parle un peu de tout ça. Les diktats, le rôle de la femme dans la société...C'est quand même important d'y réfléchir quelque fois (et pas qu'une seule fois par an, avec la "journée de la femme"...)

mercredi 10 mars 2010

Hole en tournée passera par Paris



ça y est, c'est officiel, enfin une date de prévu pour aller admirer ou jeter la pierre à cette bonne vieille Courtney. Ce sera le 17 Mai au Bataclan. La sortie de l'album "Nobody's Daughter" est annoncée le 26 et 27 avril et le premier single, "Skinny Little Bitch" est d'hors et déjà en écoute sur leur myspace
Myspace.com/hole

Bon, comme on pouvait le craindre, grosse prod, gros son, un peu trop propre à mon goût. Malheureusement plus proche de "Celebrity Skin" que de "Live Through This", mais Courtney est toujours là, avec tout son charisme déjanté, sa voix crasseuse et ses textes écorchés et engagés, donc rien que pour ça, j'attend la suite de pied ferme en espérant entendre des morceaux un peu plus rock'n'roll et dangereux...

lundi 8 mars 2010

Jemina Pearl et Be Your Own Pet: dirty pretty punk




Snif, snif, encore une nouvelle déception! Décidément les punk girls des années 2000 ne tiennent plus la route. Après le très mauvais album des Yeah Yeah Yeahs sorti l'année dernière, dans lequel les trois new yorkais avaient perdu toute leur fureur et leur classe ébouriffée, la bouse électro-punk de Gossip (la faute sans doute à un Rick Rubin trop propre sur lui) qui cartonne pourtant partout dans le monde et qui passe même sur NRJ...c'est le tour de Jemina Pearl, fantastique front woman des géniaux Be Your Own Pet, qui nous sort un album solo indigne de son immense talent de punk girl déjantée. Pourtant signé sur le label de Thurston Moore de Sonic Youth, Ecstatic Peace, (ce qui aurait du être un gage de bon goût), et malgré plusieurs featuring prestigieux (Iggy Pop, Thurston Moore), l'album ne décolle pas et se contente d'imiter bêtement Blondie (les tubes en moins). Pire que tout: Jemina a appris à chanter et c'est moins bien! Laissant son costard punk irrévérencieux au vestiaire, elle vient jouer les jolies et ennuyeuses poseuses pop. A certains moment, on croirait même entendre l'infâme Avril Lavigne (sans les tubes, aussi mauvais soient-ils). Bref exit la barbie girl sous amphèt' qui illuminait Be Your Own Pet et nous redonnait la joie de vivre et de croire au renouveau du garage punk version girl power, voici la nouvelle Jemina, mauvaise copie de Debbie Harry, bien trop sage et propre sur elle pour être honnête. Même la pochette de son album craint:




Pour nous consoler, il nous reste toujours les deux excellents albums de Be Your Own Pet (BYOP pour les intimes), "Get Awkward" (2008, XL Recordings), dans le lequel on retrouvera, avec ravissement, les tubes dansant "Becky", et "The Kelly Affair", et aussi leur premier brulôt éponyme, génial disque de garage punk adolescent, insolent et violent, sorti en 2006 également chez XL. Ils avaient 18 ans, s'étaient tous rencontré au lycée, c'était drôlement frais et revigorant, ça faisait penser à plein de trucs (Blondie, Buzzcocks, Boss Hog, Runaways...) ça jouait vite, fort et bien. ça avait grave la classe et pas trop le melon. Et puis surtout, ça ne se prenait pas au sérieux! On pleurera donc, en écoutant les morceaux chics et explosifs de ces natifs de Nashville, qui font tout sauf de la country conservatrice, et qui nous ont fait croire que les Yeah Yeah Yeahs avaient des cousins planqués dans le Tennessee...




ici en live:



ici les clips:


mardi 2 mars 2010

Le come back de Courtney Love

Le come back de Courtney Love



Depuis quelques temps, je suis les aventures de notre chère Courtney Love (qui certes, ne ressemble physiquement plus qu'à l'ombre d'elle même, la faute à de trop nombreuses opérations de chirurgie esthétiques...) qui tente de faire son come back après le léger ratage de son album solo "America's Sweetheart" paru en 2004. Et c'est donc avec un peu d'appréhension que l'on attend son nouvel album qui devrait sortir courant 2010. Pour ce faire, la belle a rappelé son pote Billy Corgan, qui lui avait déjà filé un bon coup de main sur Celebrity Skin (1998). Elle s'est aussi offert à nouveau les services (pas toujours de bons goûts) de Linda Perry (4 Non Blondes, ouai ouai je sais, ça craint) qui avait déjà co-écrit certains titres vraiment moyens d"America's Sweetheart". Notre irremplaçable Courtney a même décidé de ressusciter Hole, mais sans Eric Erlandson, remplacé par le guitariste anglais, Micko Larkin (il ne reste donc de Hole que le nom!), enfin parait-il que Melissa Auf Der Maur serait venu faire des choeurs et un peu de basse lors des sessions d'enregistrement...

Bref, tout cela ne sent pas vraiment très bon. Cependant, les amis, nous sommes en 2010, avec tout ce que cela comporte de meilleur comme de pire. Fini les mystères, l'attente, la joie de mettre son cd sur sa platine, de parcourir sa belle pochette et de découvrir avec déléctation un album entier que personne ne nous aura spolier. Bref, on trouve sur le net, à peu près tout ce que l'on veut et quand vous tapez Courtney Love sur You Tube, vous découvrirez avec joie (ou non) les démos de "Nobody's Daughter" (titre de l'album à venir), plein de versions différentes de plus ou moins bonnes qualités mais qui permettent de se faire une petite idée de la couleur de ce futur album tant attendu. Bon, je me laisse donc tenter par le diable et j'écoute ces fameuses démos (j'évite les lives qui ne sont pas vraiment le fort de notre Miss World du grunge).

Et là, belle surprise, je découvre (avec un petit pincement au coeur, cette fille là a quand même bercé mon adolescence et un peu changé ma vie) ce fameux morceaux "Never Go Hungry Again", tout simple, tout nu, juste Courtney et sa voix déraillée accompagné d'une guitare acoustique. Un très joli morceaux, très émouvant (écoutez les paroles bon sang) qui fait penser un peu à une Marianne Faithfull déchue (période "Broken English", la classe quoi). J'espère vraiment qu'ils ne retoucheront pas trop ce joli moment de rock dépouillé au mixage.... Dans la même lignée, on trouve le beau "Car Crash", et le très "Celebrity Skin" "Loser Dust", morceau pop ironique dans lequel on découvre, avec ravissement, que Courtney n'a rien perdu de sa hargne et de sa voix rageuse. Et puis il y a aussi le déjà célèbre "Dirty Girls" que l'on a découvert depuis longtemps, la faute au myspace de Courtney qui l'a mis en ligne depuis plus d'un an, dans différentes versions...Bref, j'ai vraiment hâte de voir la suite. Pour info, Courtney s'apprête à faire une tournée en Angleterre, on l'a vu aussi récemment en live en Italie et en Allemagne mais hélas pas de date prévu pour l'instant en France... Affaire à suivre donc...


Sur le site du NME, Courtney, en studio, parle de son album, en video et tout et tout



lundi 1 mars 2010

Civet, Femme Fatale Punk Rock

Civet



Signé en 2008 sur le label de Tim Armstrong, HellCat, vous connaissez peut être les quatre jeunes et jolies californiennes de Civet, groupe de punk rock qui se respecte, 100% féminin, et qui envoie le bois comme il se doit. Si non, allez vite jeter une oreille sur leurs titres à la fois accrocheurs et rageurs. Très inspiré par les Distillers, L7, Hole, Rancid ou Motorhead, le groupe, fondé en 2001 par Liza Graves et sa soeur Suzi, à la sortie du lycée de Long Beach, a sorti un premier album en 2005 sur le label Disaster avant d'être repéré par Tim Armstrong de Rancid qui leur propose de rejoindre l'écurie HellCat. Depuis les filles tournent un peu partout dans le monde et ravagent tout sur leur passage grâce à des morceaux pop et punk bien réjouissant. Auto proclamées "Femme Fatale Punk Rock", les quatre Civet ne font pas dans la dentelle et balancent leur punk rock avec une énergie et une hargne redoutable qui laissera plus d'un mec sur le carreau. Du très jouissif "Son of a Bitch" qui ressemble à s'y méprendre à un vieux morceau des Runaways, au très Rancidien, "All I want" (co-écrit avec Tim Armstrong, héhé), les charmantes punk songs des Civet font du bien aux oreilles et aux jambes et donnent l'envie direct d'aller bouger nos têtes sur les plages de Los Angeles (cf leur clip de "Son of a Bitch").
Porté par la voix rebelle de la belle Liza qui fait souvent pensé à Brody Dalle , Joan Jett, ou Jennifer Finch, Civet replace les filles au centre de la cause punk, en vraies combattantes de la cause féministe, la tête haute et le rouge à lèvres baveux.

Album: "Hell Hath No Fury "(Hellcat Records)

myspace.com/civet

Sur ce site, une bonne petite interview de Liza, la chanteuse.:
interview sur punk-raw.fr

lundi 15 février 2010

Fury Furyzz, The Bombettes et Go Drawsy

Les Fury Furyzz, c'est quatre jeunes parisiennes en furie, complètement dans l'air du temps, qui jouent le genre de rock garage punk, fun, sec, et sexy que la presse parisienne d'aujourd'hui n'en finit plus d'adorer. Pourtant, à l'écoute des 3 titres publiés sur leur myspace, on ne peut s'empêcher de les aimer aussi tant leurs morceaux sont efficaces, accrocheurs, et vraiment bien fichus. Ca sonne, ça joue, c'est chouette, c'est marrant et en plus, ça chante bien. Bien loin devant les nauséeuses Plasticines, les Fury Furyzz gloussent, riffent, couinent, et surtout, ne se prennent pas au sérieux. (détail important lorsqu'on joue ce genre de rock là). Tout droit débarquées d'un remake de Tarantino, période "Death Proof", (la sexy french touch en plus), les quatres filles font tout autant penser aux Donnas qu'aux Hives, version girl power. On ne peut qu'être séduit donc, car même si ces filles là ne réinventent rien, c'est tout de même bien jouissif...

www.myspace.com/furyfruryzz






Dans le même genre, mais version suédoise, voici The Bombettes, toutes plus mimi les unes que les autres, (normal ce sont des suédoises, vous allez me dire), qui viennent titiller nos oreilles avec leur rock garage fun et sexy plein de jolis choeurs féminin ensoleillés et de "hou hou" dansant. La voix enfantine et mutine d'Elin, la chanteuse, délicieuse et joyeuse, emmène les guitares saturées de ses copines vers des pop songs charmantes à la fois punk et garage. Une fois de plus , rien de bien nouveau, (ça fait penser à Blondie, aux Buzzcocks et aux girls bands des années 60), mais c'est charmant et entraînant. Et en bonne petites soeurs des Hives, on ne voit pas pourquoi elles n'auraient pas droit, elles aussi, à la reconnaissance internationale...

www.myspace.com/thebombettes





Et puisqu'on est en Suède, je vais quand même m'attarder quelques instants sur les tout jeunes Go Drowsy. Certes, leur pop-punk à roulette ne casse pas trois pattes et un canard et ne révolutionne pas le genre (Mélange très poppy des Distillers, Millencolin, Ramones et Weezer) mais il faut bien souligner qu'il est assez rare de voir une fille officier dans ce genre de groupe, tenir fièrement la guitare et assurer grave au chant. Avec une voix qui évoque à la fois Brody Dalle et la nonchalance des Donnas, des guitares efficaces et punchy et surtout des morceaux très accrocheurs et décomplexés à la fois pop et punk, Go Drowsy a tout pour aller aussi loin que leur cousin américain, Paramore (qui sont malheureusement capable du meilleur comme du pire).Tout cela est donc assez frais et charmant pour que l'on se surprenne à laisser trainer nos oreilles averties et bouger la tête au rythme de leur poppy songs...

www.myspace.com/drowsypunks




lundi 8 février 2010

Chronique Cute Kitten Eaters: industrial shock from Rennes

Cute Kitten Eaters


Encore une belle découverte avec cet étonnant groupe rennais qui joue un rock indus, raffiné et cultivé, à la fois organique et métallique, qui vient de publier un premier Ep plus que prometteur intitulé "Doubleplusgood is Slavery". Très influencé par le son et l'univers de Nine In Nails, le quatuor ne se résume pourtant pas à cette simple comparaison. Les quatre titres de l'Ep se révèlent bien plus riches que prévu (j'avais d'abord été scotché par le premier titre publié sur leur page myspace "Unleashed", sorte de brûlot indus/ grunge dans lequel Eosine chante comme Kat Bjelland des Babes In Toyland, je ne pouvais donc qu'adhérer!), Cute Kitten Eaters élargie donc ses frontières et la voix élégante et inquiétante d'Eosine prend de l'ampleur, sur le très beau "Slave", on croirait même entendre l'impériale Siouxie (sans ses Banshees), ou un penchant féminin de Ian Curtis, la rage en plus. Tout au long des 5 titres de l'Ep, la voix d'Eosine, tour à tour prêtresse, maîtresse et amante sensuelle impose son phrasé original, sa poésie mélancolique et sa rage viscérale et organique à ses quatres musiciens post gothique à la froideur métallique façon Trent Reznor.

"Monkey on a High Wire", mélange efficacement le son indus, presque gothique (côté Sister of Mercy) avec des sonorités plus éléctro à la Chemical Brothers. Puis, dans un groove lent et obsédant parfaitement exécuté par une session rythmique vraiment efficace à la Tool, "Noctuelles", seul titre chanté en français, s'immisce dans votre cerveau pour ne plus en sortir comme une sorte de comptine nocturne, lugubre et entêtante. Enfin, sur "Winston", morceau post punk industriel, Eosine s'envole vers d'autres horizons (très "Bjorkiens") et les Cute Kitten Eaters nous laissent sans voix devant une telle maturité dans le son et dans les compositions, inspirés et inspirantes.

Servi par des guitares acérées, à la fois lumineuses et glaciales, et une session rythmique très efficace qui penche, avec beaucoup de classe et de finesse, du côté de l'électronique anglais des Chemical Brothers ou de Prodigy, le son de Cute Kitten Eaters, à la production soignée et impeccable, nous donne envie d'en entendre beaucoup plus. Sur scène, je ne doute pas que le groupe doit faire ressortir son énergie grunge sous-jacente, et la flamboyante Eosine doit vous laisser sans voix plus d'une fois. Groupe totalement à part dans le paysage actuel tant par l'orginalité de ses morceaux que de l'univers sombre et habité qui s'en dégage, Cute Kitten Eaters mérite vraiment que l'on s'attarde sur "Doubleplusgood is Slavery" et je n'ajouterai qu'une chose: vivement l'album!


www.myspace.com/cutekitteneaters


Cute Kitten Eaters-Slave (video test)
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