Revolution Girl Style Now!
Welcome! Ceci est un blog consacré à la culture rock au féminin. Je vous propose, chaque semaine, de partir à la découverte de nouveaux groupes, à travers des chroniques de disques et des live reports. Féministe et rock'n'roll, ce blog parle à coeur ouvert de filles qui font du rock, et qui le font bien. Et comme ce n'est pas tous les jours facile d'être une "rebel girl", je vous raconterais aussi un peu ma vie au sein de mon groupe Candy Flesh. Soyez au rendez vous!
N'hésitez pas à m'écrire, pour toutes suggestions ou commentaires.
Et les filles, envoyez moi vos disques! rebelgirldiary@gmail.com
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jeudi 29 juillet 2010

Chronique Electric Pussies "Juste Manger": free noise expérimentale et barrée



Un doux vent de rock'n'roll soufflerait-il insidieusement sur la ville de Rennes? La jolie capitale de la Bretagne pourrait-elle bientôt devenir notre Seattle à nous? Après le bon rock indus salement grunge des Cute Kitten Eaters, c'est au tour de de la noise expérimentale d'Electric Pussies, de venir squatter ma platine. Mais la comparaison s'arrête là, même si le trio de riot grrl rennais partage quelques bonnes influences de la scène culte 90's (Babes In Toyland, Sonic Youth, entre autres) avec leurs compatriotes au patronyme félin, leurs univers sont tout de même assez éloignés.

Ici, on fait dans l'expérimental, l'improvisation, l'exploration des sons en tous genres. Libérés des codes ou des contraintes de la pop, Nush, Chaleur et woOtzee s'en donnent à coeur joie sur les huit titres noisy et expérimentaux qui composent leur premier Ep "Juste Manger". Tour à tour délirant ("Délivrance"), irritant ( "Oyev Oru") ou poignant ("You Say You"), les trois filles, armées d'une basse bien grungy, d'un synthé déglingué et d'une voix affolée, s'amusent à improviser des rythmiques dérangeantes, jouant avec des arrangements décalés, aidées par des instruments assez atypiques dans le rock (mandoline électrique, clarinette et objets en tous genre), ce qui confère à ces Electric Pussies, un son totalement inédit et plutôt intéressant. A l'instar des élucubrations de Frank Zappa, Captain Beefheart ou Can, les Electric Pussies ne font pas dans la dentelle. Ces filles là ne sont pas là pour flatter vos oreilles ou pour faire danser vos soirées pop. Leurs morceaux sont arides, secs, violents, parfois dérangeants voir insupportables. Pas le genre d'album à mettre en fond sonore d'un diner chic. Mais justement. En ces temps modernes, pâles, lisses, et décérébrés, on a vraiment besoin de groupes originaux et aventureux, qui nous emmènent ailleurs, plus loin, là où ça fait mal. Quand les repères rassurants de la pop classique s'éloignent, et laissent la place à un voyage sonore intriguant et inédit.

Les trois Pussies n'ont pas froid aux yeux. Le disque, qui tourne autour des folies décalées de la bassiste, s'ouvre en instrumental avec "Over You", dissonant, étonnant et hypnotique. La voix se pose ensuite, barrée et inquiétante. Puis de drôles de percussions viennent présenter "Oyev Oru", morceau à l'ouest, dérangeant, un peu irritant. Une cloche funèbre ouvre ensuite "You Say You", meilleur titre de l'Ep, plus construit, plus envoûtant. Sons de clarinette lugubre, chuchotements sensuels et désespérés. Puis le free style reprend de plus belle sur "Frout Frout", difficile à cerner, et "Division J.", bizarroïde hommage au groupe de Ian Curtis qui fait un peu mal à la tête. A ce moment là , je me sens bernée, j'ai l'impression que les filles m'ont un peu arnaqué avec leur beau packaging " free noise". En effet, dans ce style, la frontière entre un pur délire inaudible et un morceau intéressant, parce qu'il explore des registres inattendus, est mince. Heureusement, les Pussies reprennent la main sur "Just Wanna Eat", plus nerveux et délirant. Un petit côté Pj Harvey et des sons effroyables qui fusent dans tous les sens. Puis le délirant "Délivrance" et le final, "Zombie Panda", explore un peu plus leur fibre cinématographique dans un joyeux bordel haut en couleur.

Malgré quelques bémols, l'univers des Electric Pussies est complexe et captivant, si l'on veut bien se laisser embarquer par cette free noise sensuelle, au délire cinématographique, et laisser nos habitudes au vestiaire. En live, j'imagine que la vision de ces trois personnages atypiques et déjantés doit valoir le détour…En tout cas, dépaysement garantie à bord de "Juste Manger".

lundi 22 mars 2010

Tiny Terrors, garage punk girls from Bordeaux



Le Tiny Terror? Ce génial et mythique petit ampli anglais de chez Orange, made in Rock'n'roll? Non, les Tiny Terrors, leur petites soeurs bordelaises qui déboulent en pétard et prêtes à en découdre avec leur premier Ep "Titi Bang Bang". Découvertes par hasard sur Myspace , les quatre Terrors (Cindy, Leo, Lola et Agathe) déboîtent le caisson. En se réappropriant le rock'n'roll garage décalé et agressif (façon Hives) avec rage et énergie, les filles remettent à leur place tous les jeunes bobos à perfecto de la scène parisienne (on ne citera pas de nom). Car "Titi Bang Bang" contient 5 titres qui décoiffent. Sincères, fun, et violentes, les Tiny Terrors ne sont pas là pour jouer les poseuses mais bien pour envoyer le vieux rock'n'roll comme il se doit. Une voix rocailleuse (Cindy Terror) qui fait penser d'emblée à un furieux mélange entre Jennifer Finch et Nina Hagen, des guitares vintage et brutes de décoffrage (question ultime: Leo Terror joue-t-elle sur un Tiny Terror?) et une session rythmique minimaliste et efficace, les Terrors appliquent à la lettre la recette garage punk, et jouent le jeu à fond. Et ça fait plaisir! Seul petit bémol quant à l'enregistrement, leurs titres, joués dans l'urgence du punk, mériteraient peut être un traitement de son un peu plus vintage à mon goût, pour jouer plus à fond la carte du garage, un peu à la façon de leurs consoeurs parisiennes, les Fury Furyzz...

Décomplexé et cultivé, le rock des Terrors ne révolutionne certes pas le genre mais a l'avantage de ne pas se prendre du tout au sérieux. On ne peut donc que s'en réjouir, car au final, on n'en demande pas plus. Evoquant à la fois les Hives (version girl power), les Bombettes (en plus méchantes!) ou les Donnas (en plus minimaliste!), les 20 minutes urgentes de "Titi Bang Bang" sous grande influence riot Grrrl ("Her Dick") valent le détour et nulle doute qu'en live, ça doit déménager!
Alors tenez vous prêts: la "Terror Mania" débarque de Bordeaux, ça va faire mal!!!!

myspace.com/tinyterrorsbdx



lundi 8 mars 2010

Jemina Pearl et Be Your Own Pet: dirty pretty punk




Snif, snif, encore une nouvelle déception! Décidément les punk girls des années 2000 ne tiennent plus la route. Après le très mauvais album des Yeah Yeah Yeahs sorti l'année dernière, dans lequel les trois new yorkais avaient perdu toute leur fureur et leur classe ébouriffée, la bouse électro-punk de Gossip (la faute sans doute à un Rick Rubin trop propre sur lui) qui cartonne pourtant partout dans le monde et qui passe même sur NRJ...c'est le tour de Jemina Pearl, fantastique front woman des géniaux Be Your Own Pet, qui nous sort un album solo indigne de son immense talent de punk girl déjantée. Pourtant signé sur le label de Thurston Moore de Sonic Youth, Ecstatic Peace, (ce qui aurait du être un gage de bon goût), et malgré plusieurs featuring prestigieux (Iggy Pop, Thurston Moore), l'album ne décolle pas et se contente d'imiter bêtement Blondie (les tubes en moins). Pire que tout: Jemina a appris à chanter et c'est moins bien! Laissant son costard punk irrévérencieux au vestiaire, elle vient jouer les jolies et ennuyeuses poseuses pop. A certains moment, on croirait même entendre l'infâme Avril Lavigne (sans les tubes, aussi mauvais soient-ils). Bref exit la barbie girl sous amphèt' qui illuminait Be Your Own Pet et nous redonnait la joie de vivre et de croire au renouveau du garage punk version girl power, voici la nouvelle Jemina, mauvaise copie de Debbie Harry, bien trop sage et propre sur elle pour être honnête. Même la pochette de son album craint:




Pour nous consoler, il nous reste toujours les deux excellents albums de Be Your Own Pet (BYOP pour les intimes), "Get Awkward" (2008, XL Recordings), dans le lequel on retrouvera, avec ravissement, les tubes dansant "Becky", et "The Kelly Affair", et aussi leur premier brulôt éponyme, génial disque de garage punk adolescent, insolent et violent, sorti en 2006 également chez XL. Ils avaient 18 ans, s'étaient tous rencontré au lycée, c'était drôlement frais et revigorant, ça faisait penser à plein de trucs (Blondie, Buzzcocks, Boss Hog, Runaways...) ça jouait vite, fort et bien. ça avait grave la classe et pas trop le melon. Et puis surtout, ça ne se prenait pas au sérieux! On pleurera donc, en écoutant les morceaux chics et explosifs de ces natifs de Nashville, qui font tout sauf de la country conservatrice, et qui nous ont fait croire que les Yeah Yeah Yeahs avaient des cousins planqués dans le Tennessee...




ici en live:



ici les clips:


lundi 1 mars 2010

Civet, Femme Fatale Punk Rock

Civet



Signé en 2008 sur le label de Tim Armstrong, HellCat, vous connaissez peut être les quatre jeunes et jolies californiennes de Civet, groupe de punk rock qui se respecte, 100% féminin, et qui envoie le bois comme il se doit. Si non, allez vite jeter une oreille sur leurs titres à la fois accrocheurs et rageurs. Très inspiré par les Distillers, L7, Hole, Rancid ou Motorhead, le groupe, fondé en 2001 par Liza Graves et sa soeur Suzi, à la sortie du lycée de Long Beach, a sorti un premier album en 2005 sur le label Disaster avant d'être repéré par Tim Armstrong de Rancid qui leur propose de rejoindre l'écurie HellCat. Depuis les filles tournent un peu partout dans le monde et ravagent tout sur leur passage grâce à des morceaux pop et punk bien réjouissant. Auto proclamées "Femme Fatale Punk Rock", les quatre Civet ne font pas dans la dentelle et balancent leur punk rock avec une énergie et une hargne redoutable qui laissera plus d'un mec sur le carreau. Du très jouissif "Son of a Bitch" qui ressemble à s'y méprendre à un vieux morceau des Runaways, au très Rancidien, "All I want" (co-écrit avec Tim Armstrong, héhé), les charmantes punk songs des Civet font du bien aux oreilles et aux jambes et donnent l'envie direct d'aller bouger nos têtes sur les plages de Los Angeles (cf leur clip de "Son of a Bitch").
Porté par la voix rebelle de la belle Liza qui fait souvent pensé à Brody Dalle , Joan Jett, ou Jennifer Finch, Civet replace les filles au centre de la cause punk, en vraies combattantes de la cause féministe, la tête haute et le rouge à lèvres baveux.

Album: "Hell Hath No Fury "(Hellcat Records)

myspace.com/civet

Sur ce site, une bonne petite interview de Liza, la chanteuse.:
interview sur punk-raw.fr

lundi 15 février 2010

Fury Furyzz, The Bombettes et Go Drawsy

Les Fury Furyzz, c'est quatre jeunes parisiennes en furie, complètement dans l'air du temps, qui jouent le genre de rock garage punk, fun, sec, et sexy que la presse parisienne d'aujourd'hui n'en finit plus d'adorer. Pourtant, à l'écoute des 3 titres publiés sur leur myspace, on ne peut s'empêcher de les aimer aussi tant leurs morceaux sont efficaces, accrocheurs, et vraiment bien fichus. Ca sonne, ça joue, c'est chouette, c'est marrant et en plus, ça chante bien. Bien loin devant les nauséeuses Plasticines, les Fury Furyzz gloussent, riffent, couinent, et surtout, ne se prennent pas au sérieux. (détail important lorsqu'on joue ce genre de rock là). Tout droit débarquées d'un remake de Tarantino, période "Death Proof", (la sexy french touch en plus), les quatres filles font tout autant penser aux Donnas qu'aux Hives, version girl power. On ne peut qu'être séduit donc, car même si ces filles là ne réinventent rien, c'est tout de même bien jouissif...

www.myspace.com/furyfruryzz






Dans le même genre, mais version suédoise, voici The Bombettes, toutes plus mimi les unes que les autres, (normal ce sont des suédoises, vous allez me dire), qui viennent titiller nos oreilles avec leur rock garage fun et sexy plein de jolis choeurs féminin ensoleillés et de "hou hou" dansant. La voix enfantine et mutine d'Elin, la chanteuse, délicieuse et joyeuse, emmène les guitares saturées de ses copines vers des pop songs charmantes à la fois punk et garage. Une fois de plus , rien de bien nouveau, (ça fait penser à Blondie, aux Buzzcocks et aux girls bands des années 60), mais c'est charmant et entraînant. Et en bonne petites soeurs des Hives, on ne voit pas pourquoi elles n'auraient pas droit, elles aussi, à la reconnaissance internationale...

www.myspace.com/thebombettes





Et puisqu'on est en Suède, je vais quand même m'attarder quelques instants sur les tout jeunes Go Drowsy. Certes, leur pop-punk à roulette ne casse pas trois pattes et un canard et ne révolutionne pas le genre (Mélange très poppy des Distillers, Millencolin, Ramones et Weezer) mais il faut bien souligner qu'il est assez rare de voir une fille officier dans ce genre de groupe, tenir fièrement la guitare et assurer grave au chant. Avec une voix qui évoque à la fois Brody Dalle et la nonchalance des Donnas, des guitares efficaces et punchy et surtout des morceaux très accrocheurs et décomplexés à la fois pop et punk, Go Drowsy a tout pour aller aussi loin que leur cousin américain, Paramore (qui sont malheureusement capable du meilleur comme du pire).Tout cela est donc assez frais et charmant pour que l'on se surprenne à laisser trainer nos oreilles averties et bouger la tête au rythme de leur poppy songs...

www.myspace.com/drowsypunks




lundi 8 février 2010

Chronique Cute Kitten Eaters: industrial shock from Rennes

Cute Kitten Eaters


Encore une belle découverte avec cet étonnant groupe rennais qui joue un rock indus, raffiné et cultivé, à la fois organique et métallique, qui vient de publier un premier Ep plus que prometteur intitulé "Doubleplusgood is Slavery". Très influencé par le son et l'univers de Nine In Nails, le quatuor ne se résume pourtant pas à cette simple comparaison. Les quatre titres de l'Ep se révèlent bien plus riches que prévu (j'avais d'abord été scotché par le premier titre publié sur leur page myspace "Unleashed", sorte de brûlot indus/ grunge dans lequel Eosine chante comme Kat Bjelland des Babes In Toyland, je ne pouvais donc qu'adhérer!), Cute Kitten Eaters élargie donc ses frontières et la voix élégante et inquiétante d'Eosine prend de l'ampleur, sur le très beau "Slave", on croirait même entendre l'impériale Siouxie (sans ses Banshees), ou un penchant féminin de Ian Curtis, la rage en plus. Tout au long des 5 titres de l'Ep, la voix d'Eosine, tour à tour prêtresse, maîtresse et amante sensuelle impose son phrasé original, sa poésie mélancolique et sa rage viscérale et organique à ses quatres musiciens post gothique à la froideur métallique façon Trent Reznor.

"Monkey on a High Wire", mélange efficacement le son indus, presque gothique (côté Sister of Mercy) avec des sonorités plus éléctro à la Chemical Brothers. Puis, dans un groove lent et obsédant parfaitement exécuté par une session rythmique vraiment efficace à la Tool, "Noctuelles", seul titre chanté en français, s'immisce dans votre cerveau pour ne plus en sortir comme une sorte de comptine nocturne, lugubre et entêtante. Enfin, sur "Winston", morceau post punk industriel, Eosine s'envole vers d'autres horizons (très "Bjorkiens") et les Cute Kitten Eaters nous laissent sans voix devant une telle maturité dans le son et dans les compositions, inspirés et inspirantes.

Servi par des guitares acérées, à la fois lumineuses et glaciales, et une session rythmique très efficace qui penche, avec beaucoup de classe et de finesse, du côté de l'électronique anglais des Chemical Brothers ou de Prodigy, le son de Cute Kitten Eaters, à la production soignée et impeccable, nous donne envie d'en entendre beaucoup plus. Sur scène, je ne doute pas que le groupe doit faire ressortir son énergie grunge sous-jacente, et la flamboyante Eosine doit vous laisser sans voix plus d'une fois. Groupe totalement à part dans le paysage actuel tant par l'orginalité de ses morceaux que de l'univers sombre et habité qui s'en dégage, Cute Kitten Eaters mérite vraiment que l'on s'attarde sur "Doubleplusgood is Slavery" et je n'ajouterai qu'une chose: vivement l'album!


www.myspace.com/cutekitteneaters


Cute Kitten Eaters-Slave (video test)
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lundi 25 janvier 2010

Chronique Munshy: fusion rock possédée

Apparemment en pleine préparation de leur deuxième album, j'ai vraiment hâte de découvrir les nouveaux morceaux de ce groupe qui m'avait littéralement bluffé en live lors de leur "carte blanche" aux Cuizines de Chelles. N'étant pas forcément ultra fan du style au départ (la fusion rock), je me suis pourtant totalement laissée emporter par l'énergie et la grâce de ce groupe Seine et marnais, mené de front par un petit bout de femme épatant, l'étonnante Faustine, qui livra avec son groupe un show époustouflant de justesse et de rage. Avec beaucoup de finesse, Munshy parvient à délivrer des morceaux complexes,à la fois planant (coté trip hop) et rageur (coté métal) se jouant ainsi des codes et des étiquettes, emmené par une voix charismatique que Faustine maltraite à souhait, entre douceur mélodique et chant harcore. Inspiré par des groupes comme Rage Against The Machine, Tricky ou Pantera, Munshy se classe totalement à part dans le paysage du rock hexagonale, loin, très loin devant tous ces groupes de néo métal français sirupeux. De leur unique titre chanté en français "Jour de Pluie" moment fort du set de l'époque, sorte de comptine planante un peu new age qui empreinte autant à Bjork qu'à Tricky, à "Rotten", morceau néo métal audacieux à la manière d'un Korn, Faustine et ses potes se baladent tranquillement, et avec beaucoup de classe, à travers les genres, pour mieux briser les carcans. Libre, entier et généreux, Munshy délivre, à chaque fois, de vrais moments de scène uniques et intenses qui ne peuvent laisser indifférent.

http://www.myspace.com/munshy





Introduction à mes découvertes+Chronique Mad River: poppy punk glamour

Nous avons passé quelques années avec Candy Flesh, à sillonner les salles un peu partout, nous y avons croisé de nombreux groupes, parfois très bons, parfois très mauvais, mais toujours très différents. Ces rencontres et ces découvertes témoignent de la réelle créativité de la scène underground française. Ces "groupes en développement" comme on aime les appeler (parce qu'il faut bien coller une étiquette sur tout) se débrouillent souvent par eux même, avec les moyens du bord, c'est à dire sans structure, ce qui s'avèrent vrraiment très compliqué. Je suis souvent bluffée par la qualité artistique de leur show ou de leur disque, souvent meilleur, à mon goût, que n'importe quel groupe "signé". Bon, je dois avouer que je n'aime pas trop les modes. Je n'aime pas trop qu'on me force à écouter tel ou tel truc sous prétexte que ça fait bien. Je ne suis pas spécialement fan de toute cette " scène parisienne". (tous ces petits groupes bien propres sur eux, tous fringués de la même façon, jean slim, petit perfecto, le cheveux mal décoiffé, qui nous refont le coup d'un rock cool à la Pete Doherty, mais en évidement moins bon.Sic) Et puis encore faudrait-il qu'il y ait réellement une scène et que ce ne soit pas une simple invention des critiques rock pour faire vendre du papier. En même temps, depuis que Philippe Manoeuvre vend son âme au diable sur M6, on ne sait plus trop bien où se situer...enfin bon on ne peut pas lui en vouloir, on a tous envie de se payer une nouvelle maison, alors s'il faut, pour cela, aller humilier quelques adolescents en direct à la télé, pourquoi pas, c'est pas pire que de vendre des assurances....

Bref, on est en 2010 bon sang, je critique un peu gratuitement ces pauvres ados qui ne font de mal à personne dans le fond (il vaut sans doute mieux débuter, dans sa découverte du rock, par les BB Brunes que par Superbus. On ne sait jamais après tout, si ça peut guider des enfants vers la lumière des Clash ou des Jam, on ne va pas leur jeter la pierre), et puis vu mon esprit de contradiction légendaire, je ne sais même pas si, à l'époque du punk par exemple, je n'aurais pas craché sur les Slits ou X Ray Spex, (qui figurent pourtant dans mon panthéon du rock) sous prétexte que ces filles là étaient "à la mode" et faisaient partie d'un mouvement. La seule chose que je critique dans le fond, c'est l'attitude des directeurs artistiques, producteurs, programmateurs, journalistes, qui sont complètement hermétiques au reste, comme s'il n'existait aujourd'hui rien d'autre sur la scène française. C'est évidement faux. Et je vais tenter de le prouver dans ce bulletin que je publierai chaque semaine, dans lequel je vous parlerai d'excellents groupes que nous croisons lors de nos différents concerts ou ceux que je découvre par hasard (ou pas) sur MySpace et autre site communautaire.

Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas à m'écrire.


Mad River

Superbe découverte que celle de nos amis parisiens de Mad River, qui jouent une pop-punk glamour et sauvage, emmené par la voix débraillée de l'indomptable Kim qui évoque souvent Karen O des Yeah Yeah Yeahs (époque "Fever To Tell"). Décomplexé et revigorant, le rock de Mad River fait du bien aux jambes et aux oreilles, en témoignent des titres phares et ambitieux tels que l'incroyable et apocalyptique "Hollywood Babylon", titre aux sonorités très 70's (Led Zep, Black Sabbath) dans lequel Kim hésite entre comptine enfantine et hystérie punk à la X-Ray-Spex ou "Men In Action", perle de pop précise et ensoleillée qui évoque aussi bien les Kinks que les Pixies (coté Kim Deal). La recette est pourtant simple: une voix rebelle, des guitares racées et efficaces, un batteur qui frappe là où ça fait mal, un orgue ludique et rigolo, Des morceaux accrocheurs et cultivés. Et ça marche! Vous pouvez vous rendre à leurs concerts les yeux fermés, car ces trois là dépotent en live! A découvrir donc de tout urgence!!!

http://www.myspace.com/madriverparis